Agenda Coglab (Soutenances, séminaires, HDR...)

Une réunion d’équipe se tient toutes les deux semaines à partir du 12/09/2025

Programme des séminaires invités et formations, passés et futurs (A.U. 2025/2026):

24 octobre 2025 – 10h00–12h00
Jérôme Prado (CNRS, Lyon)

Comment apprend-on que 2 + 3 = 5 ? L’arithmétique élémentaire comme fenêtre sur l’automaticité
Salle 009 – STC2

 

16 janvier 2026 10h-12h

Tiger Lei (BCBL, San Sebastián, Espagne)
Topographic Boundary in Ventral Occipitotemporal Cortex Segregates Ventral and Dorsal White Matter Projections to the Inferior Frontal Gyrus
Salle 009 – Actes STC2

 

27 mars 2026 10h-12h
Matisse Poupard (INRIA Bordeaux & EPSYLON) et Lionel Brunel (EPSYLON-COGLab)
Mémoire et cognition incarnée

Salle de réunion du laboratoire EPSYLON

 

3 avril 2026 9h-13h

Daniel Priolo (EPSYLON-COGLab)
Formation statistique aux modèles mixtes et au logiciel R (inscription obligatoire)

Salle 009 – Actes STC2

 

10 avril 2026 – 9h00–17h00
Fabrice Gabarrot (Université de Bourgogne)
Formation (inscription obligatoire) : Calculer la puissance statistique pour des modèles mixtes : prendre en compte les variations liées aux participants ou aux items
Salle 006 – Panathénée STC2

 

24 avril 2026 – 10h00–12h00
Elsa Pezet (Université de Nanterre) et Loïc Heurley (EPSYLON-COGLab)

Lieu : Salle 009-Actes STC2 – 10h-12h

Une cognition tournée vers soi : Une approche prédictive

Elsa PEZET1 & HEURLEY Loïc2

1 LICAE - Université Paris Nanterre et 2 Epsylon – équipe CogLab - Université de Montpellier Paul Valéry

L’approche incarnée de la cognition accorde un rôle central au corps et à l’activité motrice dans le fonctionnement cognitif. Dans cette présentation, nous défendrons l’idée qu’envisager la cognition sous cet angle implique de considérer des processus spécifiquement orientés vers le traitement de l’information relative à soi en tant qu’agent.

Nous discuterons deux ensembles de travaux complémentaires.

Le premier porte sur les processus cognitifs impliqués dans la réalisation de l’action volontaire. À cette occasion, nous présenterons l’approche idéomotrice, selon laquelle l’action est représentée en termes de ses conséquences perceptives (effets perceptifs). Une distinction sera proposée entre les effets liés à l’environnement et ceux liés au corps. À partir de paradigmes de compatibilité stimulus-réponse, nous montrerons que la mobilisation de ces différents types d’effets dans la représentation de l’action dépend de processus à la fois intentionnels et prédictifs.

Le second ensemble de travaux s’intéresse aux mécanismes impliqués dans la construction de la conscience de soi, en particulier du sentiment d’appropriation corporelle. En s’appuyant sur des illusions corporelles, nous examinerons les conditions d’émergence de cette composante fondamentale du soi. Si les travaux existants soulignent le rôle clé de l’intégration multisensorielle — notamment visuotactile —, nous présenterons des résultats récents soutenant un modèle intégratif combinant inférence causale bayésienne et traitement prédictif.

Pris ensemble, ces travaux mettent en évidence le rôle central des processus prédictifs dans une cognition tournée vers soi, qu’il s’agisse de l’action ou de la conscience du corps propre.

 

21 mai 2026 – 14h00
Marine Buon (EPSYLON-COGLab)

Soutenance d’HDR : Du  jugement moral du jeune enfant à l'agression relationnelle de l'adolescent
salle des thèses

Résumé 

Mes travaux se consacrent aux mécanismes cognitifs et développementaux qui sous-tendent la cognition morale.  

Au début de mes recherches, le champ était marqué par l’opposition entre perspectives rationalistes et intuitionnistes, ces dernières postulant que les jugements moraux reposent principalement sur des intuitions automatiques et émotionnelles. Dans ce contexte, mon travail doctoral visait à examiner l’émergence précoce des jugements moraux chez l’enfant. Contrairement aux hypothèses intuitionnistes initiales, mes résultats ont montré que si l’évaluation des conséquences des actions repose sur des processus intuitifs, l’intégration des intentions dans le jugement moral mobilise des processus cognitifs coûteux, notamment liés à la théorie de l’esprit, et se développe plus tardivement.

 Ces travaux ont ainsi contribué à soutenir et affiner une approche duale de la cognition morale et m’a permis de proposer un modèle développemental (modèle ETIC) postulant que la prise en compte des intentions dans le jugement moral repose sur l’interaction entre empathie, théorie de l’esprit et contrôle inhibiteur. Ce modèle a été partiellement validé empiriquement chez l'adulte et à travers des populations développementales et présentant des troubles psychopathologiques, tout en soulevant des tensions importantes avec les données issues de la littérature sur le nourrisson, suggérant une sensibilité précoce aux intentions. Afin de résoudre cette apparente contradiction, j’ai développé une proposition théorique intégrative selon laquelle les différences observées reflètent des variations développementales, méthodologiques et expérientielles dans la pondération respective des intentions et des conséquences.

Parallèlement, mes travaux se sont étendus à l’étude des liens entre jugement moral et comportement moral, en particulier dans le domaine des conduites agressives et antisociales. En examinant différents profils développementaux et cliniques, j’ai cherché à identifier les mécanismes expliquant le décalage entre compétences morales et comportements effectifs. Cette réflexion m’a conduite à m’intéresser plus spécifiquement aux agressions relationnelles et au phénomène d’exclusion sociale à l’adolescence.

Dans cette perspective, mes recherches récentes portent sur les déterminants socio-cognitifs, émotionnels et contextuels des réactions à l’exclusion sociale, notamment chez les individus spectateurs. En mobilisant des paradigmes expérimentaux développementaux, ces travaux visent à mieux comprendre les conditions dans lesquelles les individus interviennent — ou non — face à des situations d’exclusion sociale, avec des implications à la fois fondamentales et interventionnelles.

Dans l’ensemble, mes travaux contribuent à une compréhension intégrative du développement moral, de la petite enfance à l’adolescence, en articulant niveaux d’analyse cognitifs, développementaux et sociaux, et en mettant en évidence la complexité des relations entre jugement moral et comportement.

 

5 juin 2026 – 10h00–12h00  Salle Colloques 1 – STC1
David Vaidis (Université Toulouse Jean Jaurès)
Titre  : Penser le Futur de la Recherche en Sciences Psychologiques ? Big Team Science et Changement de Paradigme

Sujet : Née d'une crise de confiance plus large dans les sciences, la crise de la réplication qui a touché la psychologie dans les années 2010 a suscité une série de réformes majeures. En mettant l'accent sur la transparence, notamment à travers la promotion de la science ouverte et du préenregistrement, ces initiatives ont principalement visé à restaurer la confiance accordée aux résultats scientifiques. Toutefois, en parallèle, les efforts de réplication ont conduit au développement de stratégies à grande échelle permettant de répondre aux problèmes de puissance statistique et de généralisation des résultats. Ces évolutions ont contribué à l'émergence de nouvelles formes d'organisation de la recherche, collaboratives et ouvertes, regroupées sous le terme de Big Team Science. Ces nouvelles pratiques redéfinissent les standards de production des connaissances en favorisant la division du travail, la coordination à l'échelle globale et une meilleure prise en compte de la diversité des contextes. Cette présentation discutera de la manière dont il est possible d'envisager les changements plus profonds initiés par ces dynamiques, ainsi que leur potentiel à constituer un véritable changement de paradigme en psychologie.

Dernière mise à jour : 26/05/2026